juste sous le nez d'un garde au jardin des plantes de Paris.
Mon coeur palpitant, je me suis sentie comme une voleuse au grand coeur, certes je vandalisais les lieux sacrés, mais c'était pour la bonne cause : multiplier à l'infini cette jolie fleur en forme de cœur qui irait si bien dans mes jardinières anorexiques. J'étais un peu la nouvelle Poison Ivy, mais en positif : je me voyais, en combinaison de cuir vert, envahir les rues de Belleville de plantounes bohémiennes.
Le gars n'a pas bronché, occupé qu'il était à chasser les gens des pelouses carrées.
Ce n'est que quelques jours plus tard que j'ai retrouvé la tige agonisante au fond de mon sac, entre mon miroir de poche et le chéquier. Je tente actuellement une opération de sauvetage, la déracinée baignant au fond d'un verre d'eau, pendouillant lamentablement, faisant honte aux Poison Ivies de toutes catégories.
19 février 2016
16 février 2016
L'avion, décidément, ce n'est pas pour moi.
En décembre, La Réunion; je suis revenue avec des vertiges à m'écrouler au sol, même que le docteur a pensé que c'était le chikungunya. Juste après avoir consulté, je n'ai plus rien eu.
En février, Venise; avant même de prendre le vol du retour, des maux de tête terribles se sont emparés de moi. Et, qu'on ne me dise pas que ce n'est pas lié, j'ai passé une semaine pliée en deux à avoir l'impression que mon utérus abritait une course de gondole un jour de grande tempête.
J'ai consulté hier, tout va bien, mon utérus est en forme, je vous remercie.
J'ai bien réfléchi. Alors soit c'est un problème d'oreille interne, ou d'utérusite aigüe, ou de migration de stérilet qui-a-fait-semblant-de-ne-pas-migrer-pendant-l'échographie, ou d'avc qui prend son temps (adieu). Soit c'est dans la tête.
En février, Venise; avant même de prendre le vol du retour, des maux de tête terribles se sont emparés de moi. Et, qu'on ne me dise pas que ce n'est pas lié, j'ai passé une semaine pliée en deux à avoir l'impression que mon utérus abritait une course de gondole un jour de grande tempête.
J'ai consulté hier, tout va bien, mon utérus est en forme, je vous remercie.
J'ai bien réfléchi. Alors soit c'est un problème d'oreille interne, ou d'utérusite aigüe, ou de migration de stérilet qui-a-fait-semblant-de-ne-pas-migrer-pendant-l'échographie, ou d'avc qui prend son temps (adieu). Soit c'est dans la tête.
15 janvier 2016
J'ai supris une conversation
alors que je m’étirais, après ma course à pied, en haut du parc de Belleville.
Une discussion "énooorme", le gars l'a dit au moins dix fois à l'autre qui l'écoutait. Il y avait aussi du "délire" à l'intérieur, et beaucoup de "dingue, dingue, dingue". J'ai su que j’étais alors au cœur même d'une information cruciale quand il a parlé de "truc de fou". Si j'ai bien tout compris, le parc de Belleville a été construit sur des milliers de blocs de gypse tirés par des hommes et des chevaux, non sans mal puisque beaucoup d'entre eux (chevaux et hommes confondus) se seraient suicidés de fatigue, tout ça pour que quelques décennies plus tard, les "Black Panthers" et les skinheads s'y réunissent pour se battre à feu et à sang pendant que les hard-rockers faisaient tourner leurs chaînes au dessus des têtes des touristes venus admirer la plus belle vue de Paris.
Ou alors il s'agissait de combats entre des panthères et des chevaux, organisés par des rockeurs plus très hards pour amuser les touristes et organiser des paris.
Je ne sais pas.
Une discussion "énooorme", le gars l'a dit au moins dix fois à l'autre qui l'écoutait. Il y avait aussi du "délire" à l'intérieur, et beaucoup de "dingue, dingue, dingue". J'ai su que j’étais alors au cœur même d'une information cruciale quand il a parlé de "truc de fou". Si j'ai bien tout compris, le parc de Belleville a été construit sur des milliers de blocs de gypse tirés par des hommes et des chevaux, non sans mal puisque beaucoup d'entre eux (chevaux et hommes confondus) se seraient suicidés de fatigue, tout ça pour que quelques décennies plus tard, les "Black Panthers" et les skinheads s'y réunissent pour se battre à feu et à sang pendant que les hard-rockers faisaient tourner leurs chaînes au dessus des têtes des touristes venus admirer la plus belle vue de Paris.
Ou alors il s'agissait de combats entre des panthères et des chevaux, organisés par des rockeurs plus très hards pour amuser les touristes et organiser des paris.
Je ne sais pas.
4 janvier 2016
J'ai fếté la nouvelle année entourés de
vrais parisiens.
Le parisien, dans son habitat naturel, aime s’asseoir autour d'une table en dégustant des petits fours, même s'il n'a pas la trentaine passée.
Le parisien, dans son refuge aux boiseries moulées et aux hauts plafonds, tient absolument à parler de théâtre (même s'il n'y est encore jamais allé) et du site de la ratp.
Le parisien, dans son écosystème néo électrique et branché, défend farouchement son territoire et ne te laissera pas approcher la sono pour y glisser un petit Pink Floyd ou même un bon Marvin Gaye.
Mais le parisien a bien voulu accepter la campagnarde que je suis, le temps d'une soirée, et ça vaut bien tous les préjugés.
Le parisien, dans son habitat naturel, aime s’asseoir autour d'une table en dégustant des petits fours, même s'il n'a pas la trentaine passée.
Le parisien, dans son refuge aux boiseries moulées et aux hauts plafonds, tient absolument à parler de théâtre (même s'il n'y est encore jamais allé) et du site de la ratp.
Le parisien, dans son écosystème néo électrique et branché, défend farouchement son territoire et ne te laissera pas approcher la sono pour y glisser un petit Pink Floyd ou même un bon Marvin Gaye.
Mais le parisien a bien voulu accepter la campagnarde que je suis, le temps d'une soirée, et ça vaut bien tous les préjugés.
3 décembre 2015
Le sapin s'est invité dans l'appartement.
Le bois du parquet avait besoin de rouge au joue et de paillettes dans les cheveux. L'arbre est entré, trop grand, en se pliant un peu pour passer la porte du salon. Il s'est débarrassé de son manteau en plastique tressé, s'est ébroué près de la cheminée. Je lui ai dit de s'installer, là au chaud, on est bien, tant pis pour les aiguilles sur le parquet, je ramasserai demain, la semaine prochaine, dans un mois, on ne verra pas le temps passer, tant on s'amusera.
Un verre à la main pour le parer de bijoux et le mettre à l'aise, nous mettre à l'aise, je ne sais plus, je crois que l'air chargé d'épices m'a un peu embrouillée.
On s’est endormi les joues rouges et les rêves pleins de paillettes, on en avait besoin, je crois.
Un verre à la main pour le parer de bijoux et le mettre à l'aise, nous mettre à l'aise, je ne sais plus, je crois que l'air chargé d'épices m'a un peu embrouillée.
On s’est endormi les joues rouges et les rêves pleins de paillettes, on en avait besoin, je crois.
30 novembre 2015
J'ai reculé, avancé, titubé et
tournoyé.
Je crois même que j'ai dû un peu arrêter de respirer.
Les gens tombent et se relèvent, parait que c'est ça la vie.
Mais un jour comme ça, beaucoup ne se relèvent pas, et les mots tombent, remontent, chutent et s'affaissent, pour finir par s'écraser tout en bas.
Je me suis meurtrie l'âme à comprendre que les mots ne suffisent pas.
Je crois même que j'ai dû un peu arrêter de respirer.
Les gens tombent et se relèvent, parait que c'est ça la vie.
Mais un jour comme ça, beaucoup ne se relèvent pas, et les mots tombent, remontent, chutent et s'affaissent, pour finir par s'écraser tout en bas.
Je me suis meurtrie l'âme à comprendre que les mots ne suffisent pas.
10 septembre 2015
Louloute la chienne a rencontré ses premiers
chiens parisiens.
Mais elle a eu beau sauter, japper, baver, lécher, rien n'y a fait.
Les chiens parisiens sont restés de marbre, bien décidés à garder fermé leur cercle sélect très privé.
Il faut dire qu'avec son allure pelée, ses yeux fous et ses tendances déchetophages, elle ne fait pas vraiment son effet. Je lui ai pourtant dit qu'elle devrait prendre en maturité si elle voulait se mêler à la faune canine habillée-coiffée-manucurée-parfumée des trottoirs du 1er.
Mais elle a eu beau sauter, japper, baver, lécher, rien n'y a fait.
Les chiens parisiens sont restés de marbre, bien décidés à garder fermé leur cercle sélect très privé.
Il faut dire qu'avec son allure pelée, ses yeux fous et ses tendances déchetophages, elle ne fait pas vraiment son effet. Je lui ai pourtant dit qu'elle devrait prendre en maturité si elle voulait se mêler à la faune canine habillée-coiffée-manucurée-parfumée des trottoirs du 1er.
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