4 janvier 2016

J'ai fếté la nouvelle année entourés de

vrais parisiens.
Le parisien, dans son habitat naturel, aime s’asseoir autour d'une table en dégustant des petits fours, même s'il n'a pas la trentaine passée.
Le parisien, dans son refuge aux boiseries moulées et aux hauts plafonds, tient absolument à parler de théâtre (même s'il n'y est encore jamais allé) et du site de la ratp.
Le parisien, dans son écosystème néo électrique et branché, défend farouchement son territoire et ne te laissera pas approcher la sono pour y glisser un petit Pink Floyd ou même un bon Marvin Gaye.
Mais le parisien a bien voulu accepter la campagnarde que je suis, le temps d'une soirée, et ça vaut bien tous les préjugés.

3 décembre 2015

Le sapin s'est invité dans l'appartement.

Le bois du parquet avait besoin de rouge au joue et de paillettes dans les cheveux. L'arbre est entré, trop grand, en se pliant un peu pour passer la porte du salon. Il s'est débarrassé de son manteau en plastique tressé, s'est ébroué près de la cheminée. Je lui ai dit de s'installer, là au chaud, on est bien, tant pis pour les aiguilles sur le parquet, je ramasserai demain, la semaine prochaine, dans un mois, on ne verra pas le temps passer, tant on s'amusera.
Un verre à la main pour le parer de bijoux et le mettre à l'aise, nous mettre à l'aise, je ne sais plus, je crois que l'air chargé d'épices m'a un peu embrouillée.
On s’est endormi les joues rouges et les rêves pleins de paillettes, on en avait besoin, je crois.

30 novembre 2015

J'ai reculé, avancé, titubé et

tournoyé.
Je crois même que j'ai dû un peu arrêter de respirer.
Les gens tombent et se relèvent, parait que c'est ça la vie.
Mais un jour comme ça, beaucoup ne se relèvent pas, et les mots tombent, remontent, chutent et s'affaissent, pour finir par s'écraser tout en bas.
Je me suis meurtrie l'âme à comprendre que les mots ne suffisent pas.

10 septembre 2015

Louloute la chienne a rencontré ses premiers

chiens parisiens.
Mais elle a eu beau sauter, japper, baver, lécher, rien n'y a fait.
Les chiens parisiens sont restés de marbre, bien décidés à garder fermé leur cercle sélect très privé.
Il faut dire qu'avec son allure pelée, ses yeux fous et ses tendances déchetophages, elle ne fait pas vraiment son effet. Je lui ai pourtant dit qu'elle devrait prendre en maturité si elle voulait se mêler à la faune canine habillée-coiffée-manucurée-parfumée des trottoirs du 1er.

5 août 2015

Je cours aux buttes Chaumont avec les autres

parisiens.
J'ai acheté la panoplie serrée pour me fondre dans la masse.
J'ai mis mes baskets roses pour faire pareil.
Je porte la queue de cheval haute pour m'intégrer.
Les parisiens n'y voient que du feu. En début de course.
Parce qu'à la fin, je tousse et je crache et je rougis et je sue et j'halète.
Les filles de la campagne, dans l'atmosphère surchargée de polluants oxydo-azoto-hydrocarburés, se font vite repérées...

17 juillet 2015

J'ai enfin découvert Disneyland Paris et

je suis tombée par hasard sur la parade de Mickey.
M'est avis que quelque chose se tramait sur la piste car Minnie avait un sourire un peu forcé.
Donald est passé devant elle en traînant des pieds, son sourire à lui en disait long sur son quotidien de déprimé.
Mickey quand à lui avait l'air carrément ulcéré. J'ai alors aperçu son regard et tout s'est clarifié. Que Minnie ne l'aime plus, d'accord, mais qu'elle traficote je ne sais quoi avec son soit-disant meilleur ami, c'en était trop.
Et son sourire sadique ne me disait rien qui vaille...
J'ai suivi son regard, et imaginez ma surprise : Donald n'avait pas de pantalon !
Mickey, dans sa colère, lui avait sûrement subtilisé juste avant l’apparition.

Je crois, fort heureusement, que les enfants n'ont rien remarqué.

5 juillet 2015

On s'est perdu sur le périph',

coincés entre les véhicules tout terrains polluants par excès et les vieilles Toyota fumantes polluantes par défaut.
J'ai dû fermer les fenêtres alors qu'il faisait 40°C au dehors, à l'intérieur de la voiture c'était un peu ambiance désertique sans oasis au bout.
Les touristes chinois dans le bus à coté nous regardaient comme des animaux dans un zoo, genre hominidé quecaloris subtropicalis, sp homo transpirus.
L'autolib n'a pas la clim, le bus de voyage ultra-confort, si.
Je leur ai fait des grimaces, ils ont applaudi.